VSD N°
1661 DU 24 AU 30 JUIN 2009
LES MEILLEURS PRODUITS
ET RESTAURANTS DE CORSE
L'ILE
DES
TENTATIONS
CHARCUTERIES, POISSONS,
FROMAGES, VINS..., LE PATRIMOINE
CULINAIRE INSULAIRE EST DE
PLUS EN PLUS MIS EN VALEUR PAR
DES CHEFS TALENTUEUX.
Texte et photos : Philippe Boé pour VSD
i la beauté de ses paysages a fait de

on recense, désormais, huit établissements étoilés,
totalisant dix macarons .Parmi eux,
Le Pirate ,un ravissant restaurant lové dans le petit port de pêche
d'Erbalunga, à
Ces produits de la mer
constituent l'une des grandes richesses de la gastronomie
corse, à l'image des fameuses huîtres nustrales
douces et charrues, que Bernard Pantalacci affine dans l'étang de Diana,
au-dessus d'Aléria,
ou bien encore de la subtile crevette rouge que Georges Billon, l'excellent
chef étoilé du Grand Hôtel de Cala
Rossa , à Porto-Vecchio, prépare en tartare aux sucs de
pomelos, ou snackées, avec une sauce satay et une émulsion de parmesan et roquette.
Sans oublier le denti, un
poisson typiquement méditerranéen, extrêmement
fragile au moment de la cuisson, mais
que maîtrise Thomas d'Arcangelo, le jeune chef de

LE VEAU TIGRE
À
Autre
produit phare de l'île
de Beauté, la langouste corse réputée pour sa saveur finement iodée, mais aussi pour sa chair fine et blanche, presque nacrée. Freddy Faverot, le chef
du Tout va bien chez Parenti à Propriano, la sert rôtie et enrobée d'une pâte d'épices
croustillante à la noix de coco et à la coriandre. Mais cette gastronomie ne se
résume pas aux produits de son littoral. Loin s'en faut.
Et la star locale incontestée en la matière se
trouve non loin de Propriano, sur les hauteurs de
Serra di Ferro : le veau tigre du comte Abbattuci.
Seul veau certifié bio de l'île,
il se distingue de tous les autres
par sa robe zébrée de part en part (saïnata),
sa chair d'un rouge soutenu et
son goût typé. Issu de vaches de race corse authentique, le veau tigre est élevé sous la
mère, en biodynamie.
Nourri au lait maternel, l'animal broute également les herbes et les
feuilles du maquis.
...
DES FIGATELLIS À SE DAMNER
À
quelques kilomètres de là, à Levie (
(1) L'Alivu à l'hôtel
(2)
Le Pirate, à Erbalunga. 04.95.33.24.20.
la corse, un, nature préservée et un
savoir-faire unique pour des séjours gourmands
Ni
fumée (pour ne pas masquer le bon goût du porc) ni gorgée de sels nitrités et autres conservateurs, sa charcuterie est
traditionnelle. À l'image du saucisson,
haché fin et d'une exceptionnelle longueur en bouche, de la figatelli (saucisse de foie et d'abats) de grand
caractère, et de ce mélange de topa (échine) et de lonzu,
d'un moelleux et d'une profondeur à se damner.
Pour accompagner le tout, autant déguster un des
meilleurs vins bio de4 Patrimonio, du célèbre domaine Antoine Arena (1€ ;. Un blanc, avec l'incroyable
cuvée des Hauts-de-Carco, gras, minéral et non filtré, issu d'une
jeune vigne plantée en 2005 sur des( 5-t.. terres
calcaires, à flanc de coteau. Un rouge, avec son voisin, Serge Dominici , qui
signe un vin naturel sans levures ni enzymes ajoutés. Un vin qui pourra se
marier sans difficulté avec la tomme sartenaise de Jean-José Marcellesi ,
éleveur à Valicella, près de Figari. Élaboré au lait cru de brebis, ce fromage est ensuite
fumé au bois d'arbousier pendant
deux jours et affiné en cave, entre quatre et douze mois. Un goût
inimitable, tout comme celui du brocciu de
Jean-Christophe Savelli, à Calenzana, au sud de
Calvi. Il s'agit d'un fromage frais, à manger dans les trois jours, réalisé
avec du lait de chèvre de race corse.
Nourries aux bruyères, myrtes et autres oliviers sauvages, elles offrent un lait, et donc un brocciu, gras
et aromatique, que l'on peut déguster en dessert avec du miel, de la confiture de figue ou de cédrat. Comme dans cette quenelle de brocciu
au cédrat de Jean-Paul Bartoli, le
chef du restaurant Le Voilier
!,14, à Bonifacio, servie avec un soufflé glacé à la pistache. C'est
à Vescovato, dans la plaine
orientale, que Marcel Luciani ,
un pépiniériste passionné par les
agrumes, a remis au goût du jour le
cédrat corse, qui a bien failli disparaître.
Un agrume dépourvu de pulpe et d'amertume, dont on ne
consomme que l'écorce et la chair blanche, pour en faire un fruit confit, de la confiture ou de la liqueur à l'ancienne,
comme chez Marcel Santini,
confiserie Saint-Sylvestre
À Porto-Vecchio, la cuisine
subtile de Georges Billon, le chef du Grand Hôtel de Calla Rossa, autour des
crevettes rouges