Dossier
L’express Mag semaine du 3 au 9 août 2006

Luxe,
people et traditions : tel est le nouvel esprit de village qui souffle dans
quelques marinas et bastions perchés.
Notre tour de Corse en cinq étapes huppées
DOSSIER RÉALISÉ PAR FRANÇOIS-RÉGIS GAUDRY. PHOTOS :
JEAN-CLAUDE DUPIN POUR L'EXPRESSMAG
Erbalunga Le cap Corse
La coquette du nord
Erbalunga est d'abord une petite musique composée
de syllabes douces et d'un « a » final à
peine chuchoté. Puis une vision idyllique
qui surprend, au détour d'un virage,
l'automobiliste venant de Bastia. Une tour génoise au bout d'une pointe
de schiste vert et des façades pastel
serrées à fleur d'eau. Même de près,
le village a de beaux restes. Ses ruelles
pavées de pierre bleue de Brando sont assorties à la mer et ses «
maisons d'Américains » rappellent que le
village fut un riche port de commerce, d'où quelques habitants sont
partis faire fortune en Amérique latine avant
de revenir au pays pour construire ces folies architecturales.
« On dit les Corses repliés sur eux-mêmes. A Erbalunga, ils sont
tournés vers la mer et ouverts au monde », note Charles-Henri Filippi, PDG de HSBC France, qui organise chaque été, dans
sa splendide demeure, des concerts de
musique classique pour les gens du village.
Au premier rang de
ces garden-partys, Dominique Ricci, qui se présente
en plaisantant

comme « cardiologue à
Bastia le jour, maire d'Erbalunga la nuit ». Au Scalu, le bar du port, il est de tous les clichés qui
tapissent le mur : partageant une oursinade avec
Maxime Le Forestier, participant à un boeuf avec Zazie, prenant l'apéro avec
Daniel Auteuil... Malgré les apparences, M. le Maire est un homme pressé.
Toujours une idée qui pousse l'autre. En 1989, alors qu'il n'est que conseiller
municipal, il organise un festival de musique en août. Bingo ! En quelques années,
la manifestation est devenue la vitrine
Des villages chics


d'Erbalunga. Maurane, Marc Lavoine,Michel Jonasz, Jane Birkin ont chanté, parmi tant d'autres, sur la
place du village. Certains ont même eu le coup de foudre : Georges Moustaki vient plusieurs fois par an hors saison et Maxime
Le Forestier passe au moins trois semaines chaque été chez... M. le Maire ! Ce
dernier se défend toutefois d'avoir « tropézifié »
son fief. Si les touristes huppés ont raflé toutes les maisons à vendre — on s'est
arraché la dernière, deux pièces sur le port, pour 450 000 € — Dominique Ricci a le souci
de maintenir le tissu villageois. D'où le pari fou qu'il vient de lancer : doubler
la superficie de l'agglomération — tout en en conservant le style — grâce au
rachat d'un vaste terrain, pour permettre notamment aux locaux de se réapproprier leur fief ! « Nous créons 110 logements haut de gamme en reproduisant scrupuleusement
l'architecture et les matériaux de construction du village historique. »
A défaut d'habiter le village, on
peut y faire une halte. Pour quelques jours ou quelques heures. Poser ses valises au Castel
Brando, la splendide
maison d'Américain transformée, par Jean-Paul Pieri, un enfant du pays, en hôtel de grand charme. Ou déguster les
pieds dans l'eau, au Pirate, une langouste du cap Corse rôtie. Le restaurant a
décroché cette année sa première étoile au guide Michelin. Aux fourneaux, un certain Jean-Pierre
Ricci. Qui est-ce ? Le
frère cadet de... M. le Maire !
Festival de
musique, du 9 au 12 août, 04.95.33.20.84. Bar le Scalu,
04.95.33.22.62.
Restaurant le
Pirate, 04.95.33.24.20 et www.restaurantlepirate.com.
Menus : 29, 35 et 59 €.
Hôtel Castel
Brando, 04.95.30.10.30 et www.castelbrando.com. De
99 à 199 € la chambre double.
