Article
du 9 octobre 2011
Jean-Pierre
Ricci et Jerry Monmessin © JD Sudres/Voyage-Gourmand
A l’extrême nord de la Corse, au pied de sa
pointe et de son Finistère, que constitue le Cap Corse, voilà tun coin de paradis. Pas de chambres, mais une terrasse,
une salle chaulée, un mobilier confortable, un patron passionné, qui est,
depuis plus de dix ans, la cheville ouvrière du lieu. Jean-Pierre Ricci, natif
d’Erbalunga, reçoit avec gentillesse et sans faconde, conte l’histoire du lieu
et laisse la bride sur le cou au jeune vosgien d’Epinal, Jerry Monmessin, qui s’est adapté avec brio aux valeurs d’ici.
Chapon/Saltimbocca de veau © JD Sudres/Voyage-Gourmand
Les poissons de petite pêche locale,
l’interprétation des pâtes à la langouste, le saltimbocca
de veau tigré de Jacques Abbatucci, le denti en brandade, présenté façon Parmentier avec sa
mouclade, le tartare d’huitres de l’étang de Diana, avec mangue et huile
d’olive, et le chapon avec son confit de blettes au jus de truffe, le risotto
crémeux de poulpe à l’encre : voilà ce qu’on trouve là. Le menu à 38 € est
une formidable invite – qui comprenait, l’autre midi, la
« complicité » de chapon et de saint-pierre et la souris d’agneau
braisée avec sa purée de pommes de terre et ses légumes de saison.
Brandade
de denti/ Pâtes à la langouste © JD Sudres/Voyage-Gourmand
Les jolis desserts (sablé breton avec
rhubarbe fondante et fraises corses plus sorbet exotique,
« nouvelle » poire belle Hélène en trois temps, mille-feuille
croustillant praliné aux noisettes caramélisées et coulis cacao ou encore
l’amusante « illusion de l’oeuf au plat »)
ne donnent ici que du bonheur.
L'illusion
de l'oeuf au plat © JD Sudres/Voyage-Gourmand
On y ajoute un service jeune, amical et
complice, plus un choix passionnant de vins corses new look qui suggère
une autre idée de l’île, comme le formidable blanc séveux
du Clos Nicrosi ou le rare rouge San Micheli d’Alfieri Polidori. Bref,
de quoi se faire fête sans se ruiner forcément.
Jerry Monmessin © JD Sudres/Voyage-Gourmand